Le compositeur russe Alexandre Scriabine était fasciné par la lumière et la couleur. Capable de visualiser les sons et d’entendre les couleurs, il s’efforçait dans son œuvre de réunir tous les stimuli sensoriels.

“Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; Enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »”
- charles baudelaire

Comme Debussy, Scriabine s’inspira de la poésie des symbolistes. Outre les œuvres philosophiques de Nietsche, Kant et des théosophes comme Blavatsky, leur poésie façonna sa recherche de sa rôle dans ce monde. À ses propres yeux, Scriabine était un messie qui changerait le monde avec sa musique : « Le but de la musique est la révélation. » Une vocation confirmée par sa naissance le jour de Noël.

Les idéaux philosophiques de Scriabine sont inextricablement liés à sa musique, en particulier dans ses dernières œuvres pour orchestre. Le mysticisme l’incita également à créer un nouvel ordre des sons, hors des frontières de la tonalité fonctionnelle. En découlent de nombreuses modulations, une écriture chromatique et l’« accord mythique » — une série dissonante de six sons dont Scriabine tire les accords et mélodies pour une composition. Dans le poème symphonique Poème de l’Extase, Scriabine parvient ainsi à construire une tension harmonique qui traverse toute l’œuvre. Ce n’est qu’à la fin que la rédemption intervient, lorsque résonne le seul accord consonant de l’œuvre, joué par tout l’orchestre.

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