Brussels Philharmonic | lien

Le son du lien

Le Brussels Philharmonic vzw est, aux côtés de plusieurs autres partenaires, partenaire fondateur de la chaire Jonet/CESAMM pour l’Action sociale & la pratique musicale à l’Université de Gand (UGent) et à la Haute École de Gand (HOGENT). Depuis cette chaire, des recherches sont menées sur des pratiques musicales socialement engagées et participatives. Faire de la musique ensemble peut être émancipateur, avoir un impact social réel et contribuer à une société qui valorise et promeut la diversité, l’inclusivité et l’égalité — une mission que nous soutenons pleinement au Brussels Philharmonic et qui nous invite, en permanence, à rester attentifs, réflexifs et en évolution constante.
En 2025 a paru l’ouvrage « De klank van verbinding », publié par Filip Verneert et la titulaire de la chaire An De Bisschop. Nous avons eu le plaisir d’y contribuer également.

Un orchestre est un microcosme : tout ce qui traverse la société le traverse aussi. La flexibilité est essentielle. Comme dans la société, il faut faire preuve d’agilité pour construire ensemble un résultat commun. La flexibilité, c’est personnel : c’est accepter de se dépasser. Si chacun, dans la société, faisait cet effort, je crois qu’il y aurait moins d’aigreur.

Gert François

Brussels Philharmonic

« Le monde a besoin de la musique symphonique. Et la musique symphonique a besoin du monde. »

Telle est la conviction du Brussels Philharmonic. Nous avons une mission artistique et une responsabilité sociétale plus large. Nous voulons rendre le monde symphonique accessible au plus grand nombre, en restant attentifs à ce qui anime la société. Quels sont les enjeux qui traversent notre époque ? Et comment, en tant qu’orchestre, pouvons-nous leur donner une résonance ? La société est diverse et évolue à une vitesse fulgurante, et nous nous transformons avec elle. Notre mission actuel est à peine comparable à celui d’il y a une cinquantaine d’années, lorsque nous jouions encore un rôle crucial dans les diffusions radiophoniques. Mais cette transformation - d’une mission purement artistique vers une responsabilité sociétale élargie - s’inscrit dans le temps et demande une remise en question constante. En ce sens, nous sommes aujourd’hui confrontés à plusieurs défis : quelle est notre pertinence en tant que collectif, et comment contribuons-nous sur les plans artistique, éducatif, social et sociétal ? Cette réflexion guide notre fonctionnement quotidien - au Brussels Philharmonic, au Vlaams Radiokoor, ainsi qu’au sein des orchestres de jeunes Youth Orchestra Flanders et Brussels Young Philharmonic. Afin de structurer ce dialogue, nous avons créé le « groupe avenir » : un laboratoire de réflexion où choristes, musiciens d’orchestre et membres de l’équipe se réunissent pour penser notre avenir et notre rôle dans la société. Faire de la musique ensemble est au cœur de notre mission. Et partout où un orchestre de quatre-vingt-cinq musiciens ou un chœur de chambre de trente-deux chanteurs se rassemble, le « social music making » commence pour nous. Cette diversité de musiciens venus des quatre coins du monde constitue en soi une communauté unique. La musique n’est pas seulement un fait artistique, elle crée du lien, rassemble et construit une communauté. Pour reprendre les mots du timbalier Gert François :

« Un orchestre est un microcosme : tout ce qui traverse la société le traverse aussi. La flexibilité est essentielle. Comme dans la société, il faut faire preuve d’agilité pour construire ensemble un résultat commun. La flexibilité, c’est personnel : c’est accepter de se dépasser. Si chacun, dans la société, faisait cet effort, je crois qu’il y aurait moins d’aigreur. »

Dans cette optique, les orchestres de jeunes jouent un rôle essentiel. Ils rassemblent des jeunes, leur permettent de jouer dans un grand ensemble et leur offrent un encadrement professionnel. Youth Orchestra Flanders est un orchestre préprofessionnel destiné à de jeunes musiciens aspirant à une carrière orchestrale. Avec des mentors issus du Brussels Philharmonic, de l’Antwerp Symphony Orchestra et de l’Orchestre symphonique de l’Opéra Ballet Vlaanderen, ils développent non seulement leurs compétences musicales, mais aussi des aptitudes telles que le travail en équipe, la prise de décision, la gestion des conflits et l’écoute collective. Brussels Young Philharmonic adopte une autre approche : ici, l’accent est mis sur le plaisir de jouer et sur la rencontre entre jeunes musiciens. L’orchestre est ouvert aux jeunes à partir de quinze ans et fonctionne sans auditions, afin d’abaisser le seuil de participation.

construire des ponts

La musique comme échange

De sociale impact van onze ensembles is natuurlijk niet alleen intern voelbaar, maar reikt veel verder. Onze thuisbasis Flagey ligt in het cultureel rijke en hyperdiverse Brussel. Een sterke verbinding met onze omgeving is voor ons belangrijk, en we zetten ons voortdurend in om een breed publiek te bereiken en in te spelen op de lokale dynamiek. Bruggen bouwen naar verschillende gemeenschappen en (sub)culturen doen we onder meer via participatieve projecten. Zo werkt Brussels Philharmonic bijvoorbeeld al jarenlang samen met ReMuA (Réseau des Musiciens-intervenants en Ateliers), waarmee we jaarlijks vier interactieve schoolconcerten organiseren. Het doel van deze schoolconcerten is om jongeren op een speelse manier kennis te laten maken met een orkest. Voorafgaand aan het concert zijn er workshops in de klas, die de leerlingen voorbereiden om tijdens het concert mee te zingen, te bewegen met choreografieën en via body percussion. Klassieke muziek wordt zo een levendige en meeslepende ervaring die jongeren stimuleert om actief te luisteren en deel te nemen.

Nous collaborons également avec El Sistema Belgium, en travaillant aux côtés du ReMuA Young Orchestra à la mise en place d’une série de concerts. Ainsi, les jeunes musiciens du Young Orchestra ont l’occasion de se produire dans un concert symphonique à Flagey, tout en renforçant leur confiance et leur passion pour la musique. À travers ce type de projets, nous cherchons à rendre la musique accessible à tous les enfants, quels que soient leur origine ou leurs moyens, et à encourager un sentiment de coopération et de lien. Le Vlaams Radiokoor mène des initiatives similaires avec Zingend Schip, où nous travaillons avec des élèves bruxellois en vue d’une série de concerts, ainsi qu’avec Koor&Stem, avec qui nous mettons en place des cycles de concerts réunissant des chœurs amateurs.

Plus près du public

de nouveaux formats de concert

Une pensée inclusive traverse également notre programmation non participative. Grâce à des formats alternatifs, nous nous affranchissons de l’image classique et austère de l’orchestre pour privilégier une présence ouverte et accueillante. Lors des concerts Surround, par exemple, nous optons pour une configuration radicalement différente : le chef se tient au centre, entouré par l’orchestre, tandis que le public prend place parmi les musiciens. Nous abolissons la distance entre scène et salle afin de créer une expérience d’écoute immersive et intime.

Détente, plaisir et émerveillement sont ici des notions clés. Un autre exemple est notre série de répétitions ouvertes : le public suit le processus de travail de près et peut engager la conversation avec un musicien, un chef ou un membre de l’équipe. Ce type d’interaction directe ouvre de nouvelles perspectives. Nous constatons ainsi que nous touchons un autre public, ce qui soulève à son tour de nouvelles questions : pour certains, un déplacement à Flagey le jeudi après-midi est-il plus accessible qu’un concert en soirée ? Quelle est la portée de ces moments de rencontre pour ce public ? Et comment pourrions-nous encore mieux l’atteindre ? Cela nous aide à développer en continu de nouvelles formes de relation avec nos publics.

Petites rencontres, grand impact

Nous nous produisons naturellement avant tout en tant que collectif, mais nous allons aussi à la rencontre de notre public dans des contextes plus intimistes. Nous croyons que ces échanges peuvent être tout aussi significatifs. Un exemple est la table ronde organisée à l’occasion de la création mondiale d’un nouveau concerto pour harpe, réunissant notre harpiste et un groupe de jeunes professionnels extérieurs au secteur culturel. L’idée était de mettre ce groupe en contact direct avec toutes les dimensions d’une création nouvelle : le musical, le technique et le financier. Ce qui avait commencé comme une rencontre informelle est devenu un échange fédérateur - un moment d’émerveillement partagé face aux univers de chacun. Nous encourageons également ce type de dialogue lors de concerts réguliers, notamment à travers des aftertalks : des rencontres informelles après le concert où le public peut échanger avec les musiciens, les solistes et les chefs.

Pour les jeunes, nous proposons les ateliers Symfomania!, où des enfants de huit à douze ans découvrent la musique de manière ludique et pratique avant d’assister au concert. Cela crée une soirée de concert pensée pour les familles : les parents peuvent s’immerger pleinement dans la musique, tandis que les enfants sont accompagnés à leur propre niveau. Un autre exemple est notre collaboration avec l’organisation ToekomstATELIERdelAvenir, avec laquelle nous avons, par le passé, organisé des ateliers destinés à des jeunes issus de milieux socialement vulnérables. Les publics cibles et les critères diffèrent ici de ceux des ateliers Symfomania! : l’un est principalement lié à une dimension éducative autour de nos concerts, l’autre offre aux jeunes la possibilité d’élargir leur réseau et de se projeter dans le champ professionnel. De manière générale, nous jugeons ces initiatives essentielles, tout en constatant que nous manquons encore de visibilité ou de moyens pour atteindre ces publics de manière plus efficace. Nous continuons donc à chercher de nouvelles pistes pour développer ce travail et, lorsque nécessaire, lui donner une structure plus solide.

La musique dans la ville

Le public ne vient pas seulement à nous - nous allons aussi à sa rencontre. À travers des concerts pop-up et d’autres initiatives, nous investissons régulièrement l’espace urbain et nous nous adressons au « passant-concertiste ». Des chants de Noël et singalongs sur les places bruxelloises avec le Vlaams Radiokoor, aux concerts dans le réseau de métro et de tram lors de la Fête de la Musique : nous apportons la musique dans des lieux du quotidien. Une marimba et un tuba dans un tram, ou un duo de violoncelles dans le métro, n’est pas exactement ce que l’on attend lors d’un trajet ordinaire. Pourtant, nous croyons que ces petites interventions peuvent constituer des gestes forts dans le rythme effréné de Bruxelles. En 2016, à la suite des attentats, plusieurs de nos musiciens et chanteurs ont également apporté de la musique sur les marches de la Bourse. Les gens se sont arrêtés, ont écouté ; certains ont pleuré, d’autres ont fermé les yeux. Ce n’était pas un concert, mais un moment de réconfort collectif, de lien et d’humanité partagée.


Nous franchissons aussi les frontières à travers des projets de crossover, en sortant de notre monde « classique » pour dialoguer avec d’autres genres musicaux et cultures. Cela a donné lieu à plusieurs projets à l’Ancienne Belgique, temple de la pop bruxelloise : un concert du 11 juillet avec Will Tura en accès gratuit, une collaboration avec l’artiste pop Ry X, ainsi qu’une rencontre musicale marquante autour du répertoire judéo-marocain en collaboration avec Darna vzw. Ce dernier projet prenait la forme d’un concert réunissant la chanteuse Neta Elkayam, des musiciens du Brussels Philharmonic et des solistes issus de la tradition judéo-marocaine. Stephan Uelpenich, altiste au Brussels Philharmonic, témoigne :

« Je ne connaissais pas encore cette musique, j’étais donc vraiment curieux. Et il était fascinant de découvrir les paramètres et la virtuosité de ce style musical. Pendant les répétitions, on voyait aussi les deux mondes se rencontrer et s’enrichir mutuellement. Au final, nous parlons tous la même langue, quels que soient les genres : la musique est une affaire d’émotions, elle laisse une empreinte sur l’âme. C’est cela qui nous relie. »

Ces projets nous arrachent à notre fonctionnement quotidien et nous mettent en contact avec des musiques, des musiciens et des publics extrêmement divers. Ils élargissent notre perspective et nous rappellent qu’en tant qu’ensemble musical, nous n’effleurons qu’un point infime d’un monde infiniment multiple. C’est pourquoi nous gardons l’esprit ouvert et croyons à la nécessaire fertilisation croisée entre l’art, la vie et la société. Et c’est précisément là que réside la force de la musique : comme puissance artistique, mais aussi comme espace d’inspiration, de dialogue et de lien.

texte de Jenske Vanhaelemeersch, d’après des entretiens avec Véronique Bossaert, Gert François, Barbara Grégoire, Nicola Mascia, Stephan Uelpenich et Judith Van Eeckhout.

1 symfomania 10

ART 4 YOU(TH)

Brussels Philharmonic et ReMuA collaborent à une série d’ateliers dans le cadre du projet ART 4 YOU(TH) de Globe Aroma

Remua concert

Join-In Concert: Scheherazade · 01.04.2026 · Flagey

Es-tu enseignant, futur enseignant, actif dans l'éducation musicale - ou souhaites-tu vivre une expérience musicale différente, en découvrant la musique avec les enfants et la bodypercussion ? Rejoins notre concert participatif et laisse-toi inspirer par l'aspect participatif de la musique classique.

Re Mu A Brussels Philharmonic El Sistema Belgium 2023 c Patrick Jacobs 15

El Sistema Belgium: La Symphonie des réves exquis · 07.06.2026 · Flagey

Family Concert Weekend · Philippe est inquiet : d’habitude, le sommeil lui apporte l’inspiration, mais cette nuit, rien - pas un seul rêve à attraper. Il tourne en rond, jusqu’à ce qu’il rencontre les enfants de la planète ReMuA. Avec le sourire, ils lui soufflent un secret : les rêves n’appartiennent pas qu’à la nuit, on peut aussi les vivre éveillé...