Qui est Max Reger ? | Brussels Philharmonic

Qui est Max Reger ?

Un nom moins connu du répertoire classique, mais celui du « dernier géant de la musique » selon Hindemith.
D’une soirée décisive au concert à une œuvre foisonnante : faites connaissance avec le compositeur Max Reger.

Wagner montre la voie

Le compositeur allemand Max Reger grandit dans une famille de musiciens profondément catholique. Dès l’âge de cinq ans, ses parents lui enseignent l’orgue, le piano et le violon. À 11 ans, il commence à étudier la théorie musicale auprès de l’organiste Adalbert Lindner. Pourtant, ses parents ne débordent pas d’enthousiasme lorsqu’il annonce, en 1888, vouloir devenir compositeur. Peu auparavant, il a entendu Die Meistersinger von Nürnberg et Parsifal de Wagner à Bayreuth, une expérience qui a éveillé en lui un irrépressible désir de composer. Deux ans plus tard, il entame ses études auprès de Hugo Riemann et publie son premier opus, une sonate pour violon.

Un faible pour l’orgue

Parallèlement à la composition, Reger gagne sa vie comme pianiste, organiste, chef d’orchestre et professeur de composition. Il nourrit une affection particulière pour l’orgue : à une époque où les compositeurs français dominent le répertoire de l’instrument, il est l’un des rares Allemands à lui consacrer encore des œuvres majeures. Sa musique pour orgue est considérée comme l’une des contributions les plus importantes à ce répertoire depuis J. S. Bach.

Bach : le commencement et la fin

Bach est aussi l’un des grands modèles de Reger. Voyant en lui « le commencement et la fin de toute musique », il étudie en profondeur son écriture contrapuntique. Cette admiration se traduit par le recours aux formes baroques et par une écriture résolument polyphonique dans ses propres œuvres, mais aussi par de nombreuses transcriptions de compositions de Bach, dont des arrangements des six Concertos brandebourgeois pour duo de pianistes. Ses collègues le surnomment ainsi « le Bach des temps modernes ».

Hommage à Brahms

Reger admire également Johannes Brahms, qu’il décrit comme l’un des « jalons de notre musique ». Sa maîtrise de la forme à variations – qui consiste à transformer progressivement un thème – marque tout particulièrement l’écriture de Reger. À la mort de Brahms, en 1897, Reger, alors âgé de 24 ans, lui rend hommage en dédiant à sa mémoire une courte pièce pour piano, Resignation.

25 ans, 147 opus

En à peine 25 ans de carrière, Reger compose pas moins de 147 opus numérotés. À l’exception de l’opéra et de la symphonie, il aborde presque tous les genres, privilégiant la musique abstraite. En associant les formes classiques à un langage harmonique novateur, il devient une figure majeure de la transition entre la tradition romantique tardive et le XXe siècle. Des compositeurs comme Schönberg, Bartók et Prokofiev ne cachent pas leur admiration ; Hindemith le qualifie même de « dernier géant de la musique ».

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