- Kazushi Ono chef d'orchestre
- Lukáš Vondrácek piano
À la croisée du romantisme et modernisme, Rachmaninov, Reger et Scriabine cherchent une réponse aux défis d’un monde en pleine transformation. Mélancolie teintée de modernité, symbolisme pictural, extase mystique : les frontières s’estompent, l’expression personnelle triomphe. ...
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À la croisée du romantisme et modernisme, Rachmaninov, Reger et Scriabine cherchent une réponse aux défis d’un monde en pleine transformation. Mélancolie teintée de modernité, symbolisme pictural, extase mystique : les frontières s’estompent, l’expression personnelle triomphe.
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L’Amérique ne fut jamais une véritable patrie pour Rachmaninov : son style romantique y était jugé dépassé, et les nouveaux courants musicaux ne l'inspiraient guère. Ce Quatrième Concerto pour piano témoigne de sa quête d'une identité musicale renouvelée ; jamais il ne travailla aussi longtemps et intensément à une œuvre. Le résultat ? Un concerto oscillant entre romantisme et modernisme, imprégné de mélancolie, de grotesque et d’élan flamboyant.En guise de transition vers le Poème de l'extase de Scriabine, Max Reger donne vie aux tableaux mystérieux d'Arnold Böcklin à travers un voyage musical fantasque, hésitant entre solitude intime et fête populaire déchaînée.
Un messie appelé à transformer le monde par sa musique : ainsi Alexander Scriabine se voyait-il, sans la moindre modestie. « Lorsque tu écoutes le Poème de l’extase, regarde droit dans l’œil du soleil ! », demanda-t-il à un ami. L’œuvre est une véritable orgie de luxuriance musicale, à l’image du poème (quelque 300 vers !) qu’il écrivit lui-même pour l’accompagner. Malgré son mysticisme nébuleux, elle parvient à évoquer l’intemporalité dont Scriabine rêvait, débordante d’énergie — et d’extase.