Brussels Philharmonic | Qui est Kaija Saariaho ?

Qui est Kaija Saariaho ?

Kaija Saariaho

Comment sonne la lumière ? Quelle couleur a la musique ? Pour la compositrice finlandaise Kaija Saariaho, le son, la couleur et l’imagination étaient intimement liés. Cette perception singulière a nourri un univers musical bien à elle, empreint de finesse et de poésie.
Vous ne connaissez pas encore sa musique ? Nous vous la présentons avec plaisir.
En concert : Vista de Saariaho les 3 et 6 décembre

Entendre et voir la musique

Kaija Saariaho est née le 14 octobre 1952 sous le nom de Kaija Anneli Laakkonen. Elle doit son nom de famille à l’architecte Markku Saariaho, dont elle a divorcé après un bref mariage. Sa relation singulière au son remonte à sa petite enfance. Au moment de se coucher, elle demandait souvent à sa mère d’« éteindre » son oreiller, car la musique et les images ne cessaient de surgir dans sa tête. Cette imagination intense allait plus tard se manifester sous la forme d’une synesthésie : Saariaho n’entendait pas seulement la musique, elle la voyait aussi, dans des nuances de lumière, d’ombre et de couleur. Dans un entretien pour le Concertgebouw Brugge en 2011, elle l’expliquait ainsi : « Lorsque j’“imagine” de la musique, je ne fais pas que l’entendre : je sollicite aussi mes autres sens. Je me représente des textures et des surfaces, et les différents sons évoquent chaque fois d’autres gradations de lumière. Je ne pense pas qu’il s’agisse vraiment d’une fascination, mais plutôt de la manière dont fonctionne ma perception. »

Ouvrez les oreilles

Sa formation reflète elle aussi cette approche multiple et sensorielle : Saariaho a d’abord étudié le graphisme, le piano et la musicologie avant de se tourner vers la composition. Faire carrière comme compositrice n’avait rien d’évident, en Finlande comme ailleurs. Elle a dû se battre contre une culture musicale profondément patriarcale, qui ne laissait guère de place aux compositrices. Pour faire contrepoids aux tendances conservatrices de la musique finlandaise, elle a cofondé en 1977 le groupe Korvat Auki (littéralement « Ouvrez les oreilles »), notamment avec Magnus Lindberg et Esa-Pekka Salonen.

Électronique

Après un bref séjour à Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne, où elle a étudié auprès de Klaus Huber et de Brian Ferneyhough, Saariaho s’est installée définitivement à Paris en 1982. Elle y a épousé le compositeur français Jean-Baptiste Barrière, qui l’a accompagnée dans son exploration de la musique électroacoustique à l’IRCAM. Elle y a également rencontré des compositeurs spectraux comme Gérard Grisey et Tristan Murail. Toutes ces expériences l’ont incitée à explorer, grâce à la musique électronique, les qualités sonores cachées d’une note. Le son et l’espace sont dès lors devenus des éléments centraux de son œuvre : tout en composant pour des instruments traditionnels, elle a expérimenté les compositions sur bande et l’électronique en temps réel. Elle s’est surtout fait connaître par sa manière d’associer les sons acoustiques et électroniques.

Une reconnaissance internationale

Sa percée auprès du grand public est venue en 2000 avec son premier opéra, L’Amour de loin, mis en scène par Peter Sellars. Il a marqué le début d’une brillante carrière dans le domaine de l’opéra, avec notamment Adriana Mater, Émilie, Only the Sound Remains et son cinquième et dernier opéra, Innocence. Si les influences du spectralisme et du modernisme se font entendre dans sa musique, ce sont surtout sa grande finesse et sa poésie qui caractérisent son style. Au fil de sa carrière, Saariaho est devenue un modèle pour les jeunes compositeurs. En 2019, lorsque BBC Music Magazine a demandé à des compositeurs de premier plan du monde entier de désigner les plus grands compositeurs de tous les temps, Saariaho a obtenu le meilleur classement parmi les compositeurs encore en vie. Dans ce même sondage, la compositrice islandaise Anna Thorvaldsdottir la décrivait comme « l’une des compositrices les plus importantes de notre époque, dont la musique – en particulier les œuvres de grande ampleur pour de grands effectifs – sert depuis de nombreuses années de repère et de source d’inspiration aux jeunes générations, notamment aux jeunes femmes dans le monde musical. Son influence multiforme continuera de façonner l’avenir de la musique. » Saariaho est décédée à l’été 2023, au sommet de sa renommée.

PROGRAMME

Kaija Saariaho Vista (2019)
Benjamin Britten
Four Sea Interludes from Peter Grimes, op. 33a (1944)
Jean Sibelius
Symphonie n° 7 en do majeur, op. 105 (1914-1924)

concept Beyond The Score de Gerd Van Looy (coordination artistique), Vera Vacallin & Christophe Albertijn (art sonore)

VOTRE SOIRÉE DE CONCERT

∙ 19:00 ouverture des portes
∙ 19:30 introduction
∙ 20:15 concert (sans entracte)
∙ 21:30 fin

Beyond The Score: Sibelius 7 · 03.12.2026 · Flagey

Net zoals de golven van de zee in een perpetuum mobile naar de horizon deinen, ontvouwt de muziek in dit programma zich haast zonder begin of einde. Met de blik op oneindig creëren Saariaho, Britten en Sibelius muziek die intens gelinkt is aan persoonlijke ervaringen, de kracht van de natuur en de zee. Voor deze Beyond The Score stroomt de zee tussen de noten. Bewegend als het getij versmelten orkestrale meesterwerken met de klanklandschappen van Vera Cavallin en Christophe Albertijn tot één ononderbroken golf.

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