Création !
expérience, hasard et électronique live : Maya Verlaak signe son premier concerto au Tectonics Festival
Au fil des dernières années, j’ai eu l’occasion de mener de nombreux projets singuliers avec le Brussels Philharmonic. Mais ce festival relève d’une tout autre dimension. En concentrant tout sur deux jours, on crée une énergie très différente de celle de quelques concerts dispersés au cours d’une saison. Avec un festival, on exprime une intention. J’y crois vraiment.
Tectonics se déploie sur deux jours, laissant le temps d’ouvrir pleinement ses oreilles. Chaque concert constitue un chapitre d’un voyage plus vaste dans lequel le public peut s’immerger entièrement. La magie naît lorsque cette intention et le public sont sur la même longueur d’onde : le festival devient alors une véritable plongée en profondeur.
Une part essentielle, et même l’un des objectifs principaux de ce projet consiste à toucher un public curieux, parfois nouveau. Je parle de “nouveau” public, mais ce n’est pas tout à fait exact. Les amateurs de cette musique existent bel et bien. Ils n’ont simplement pas tous trouvé le chemin de Flagey. Nous continuons à ouvrir notre espace à d’autres personnes, à des publics d’horizons divers. En tant qu’orchestre, nous avons la capacité de soutenir une grande variété d’artistes et de créateurs. Dans la pratique, cela demande du temps : bâtir une communauté et développer des collaborations ne se fait pas du jour au lendemain. Mais en partageant régulièrement son espace, encore et encore, on permet à quelque chose de durable de grandir.
L’une des caractéristiques essentielles de Tectonics est la recherche de lieux de représentation singuliers, des espaces qui ne sont pas habituellement destinés au concert. Ici, nous avons la chance de disposer de l’extraordinaire bâtiment Flagey, que nous souhaitons exploiter pleinement. Des concerts auront lieu aussi bien au Studio 1 qu’au Studio 4, mais le public pourra également découvrir d’autres espaces du bâtiment.
Cela ouvre de nouvelles perspectives. Non seulement sur ce qu’un orchestre est capable d’accomplir, ou sur notre travail en tant qu’institution, mais aussi sur la musique elle-même. Le regard se déplace d’un espace à l’autre : de la musique orchestrale à la musique vocale, puis à la musique électronique. Une grande partie des œuvres présentées privilégie l’expérience physique et sensorielle plutôt que l’approche intellectuelle. Nous ne cherchons pas à tout contextualiser ni à retracer l’histoire de la musique. Tectonics ne s’intéresse pas à la manière dont nous pensons la musique contemporaine, mais à la manière dont nous la vivons.
J’ai organisé Tectonics dans plusieurs villes à travers le monde. Chaque fois, l’énergie du festival provient des musiciens et artistes locaux qui y participent. Il ne s’agit pas simplement d’inviter une multitude d’artistes venus d’ailleurs. Cette édition sera donc, elle aussi, profondément marquée par le contexte bruxellois. La ville abrite une multitude de labels indépendants passionnants, qui publient avec beaucoup de dévouement des musiques créées ici. On y ressent l’existence d’une scène particulièrement dynamique, notamment dans les domaines de l’improvisation et de l’art sonore. Il y a bien trop d’artistes exceptionnels pour les réunir tous dans un festival de deux jours, mais c’est déjà formidable de pouvoir offrir un aperçu de cette richesse – et d’en faire partie.
expérience, hasard et électronique live : Maya Verlaak signe son premier concerto au Tectonics Festival
le programme complet du festival est en ligne — deux jours de musiques nouvelles et expérimentales, concerts et installations
une nouvelle commande de Brussels Philharmonic : lisez la note de programme de la compositrice Cassandra Miller